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 Si l’on demandait à nos Grands Maîtres ce qu’ils voudraient faire pour leur plaisir personnel, ils demanderaient sans doute à étudier la Torah tranquillement jour et nuit sans être interrompus. Mais en fait, une grande partie de leur journée est consacrée au public. Ils mettent leurs besoins personnels de côté et se donnent entièrement pour le peuple juif : ils bénissent, prient, guident et donnent des conseils. Sans cesse, leur porte s’ouvre pour laisser entrer des gens qui posent des questions de vie et de mort, qui demandent de signer sur des appels, qui supplient de prier pour un malade. Et que demandent-ils pour eux-mêmes ? Koupat Ha’ir a eu le privilège, quelques jours avant Pourim, de rencontrer Rav ‘Haïm Kaniewsky à un moment privé, quand il s’est occupé d’une « affaire personnelle ». Il envoya une note à la Koupa, une note personnelle qui le concernait lui et non pas la communauté. La Koupa ne s’attendait pas à ce billet. C’est Rav Kaniewsky qui choisit de l’envoyer. Un envoyé se rendit chez les responsables de Koupat Ha’ir et leur tendit une petite feuille. La lettre fut ouverte avec émotion. Voici ce qui y était écrit : « Je voulais vous rappeler d’envoyer les responsables de Koupat Ha’ir tout de suite après la lecture de la Méguilla le matin, afin que nous puissions accomplir la mitsva de matanot laévyonim de la meilleure façon possible. »
Cette note est arrivée le 5 Adar, une semaine avant Pourim. Qu’est-ce qui préoccupe généralement les gens à cette période de l’année ? « Comment mon fils va-t-il se déguiser ? » « Que devons-nous offrir comme michloa’h manot à telle personne ? » Tout le monde se prépare, s’organise. Une semaine avant Pourim, de quoi s’occupe le Grand Maître de notre génération ? Il se prépare à Pourim en prévoyant la meilleure façon d’accomplir les mitsvot de ce jour. Il désire être sûr que tout est prêt et prévoir à l’avance où et quand donner ses matanot laévyonim. C’est pour cela qu’il envoie à la Koupa un rappel personnel : Je désire donner mes matanot laévyonim à Koupat Ha’ir. Envoyez-moi s’il vous plait un envoyé tôt le matin, dès la fin de la lecture de la Méguilla. Je veux savoir que cela est réglé. Rav Kaniewsky désire être sûr que ses matanot laévyonim sont en de bonnes mains. Nous considérons de nombreux détails comme une charge avant Pourim. Il existe une mitsva qui, généralement, ne représente pas pour nous un souci : les matanot laévyonim.
« De toute façon, il y aura bien à qui donner cet argent » nous disons-nous. « Il y a beaucoup de boites de charité, ce n’est pas difficile de mettre de l’argent dedans » nous rassurons-nous. Mais notre Maître se soucie avant Pourim justement de ce détail-là. Certes, il ne manque pas à qui donner, beaucoup de gens tendent la main à Pourim, en particulier chez Rav ‘Haïm Kaniewsky. Mais malgré tout… De même qu’on prépare un étrog à l’avance, de même qu’on se procure des matsot avant Pessa’h, Rav Kaniewsky se prépare posément pour ses matanot laévyonim. Il peut s’acquitter de son obligation par l’intermédiaire de mille autres organisations mais il désire accomplir la mitsva par Koupat Ha’ir. S’il n’était pas sûr à 100% que les indigents de Koupat Ha’ir sont vraiment dans le besoin, s’il ne pensait pas qu’un don à Koupat Ha’ir est un don offert à des milliers de pauvres, il n’aurait pas remis ses matanot laévyonim à Koupat Ha’ir. La Koupa ne s’est pas adressée à Rav Kaniewsky, c’est lui qui s’est adressé à elle. Il a demandé qu’on lui envoie un responsable dans le but d’accomplir la mitsva de la meilleure façon. Ce qui est important et précieux pour nous, nous nous en préoccupons à l’avance. Et ce qui est important pour nous révèle qui nous sommes. Page précèdente Page suivante
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