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« A la mer! A la mer! On veut la mer! » Les enfants Nathan savent très bien jouer sur les cordes sentimentales de leurs parents. Après avoir passé toute la journée en excursion à Acco et les environs.

 « A la mer! A la mer! On veut la mer! » Les enfants Nathan savent très bien jouer  sur les cordes sentimentales de leurs  parents. Après avoir passé toute la journée  en excursion à Acco et les environs, alors  qu’ils sont déjà sur la route du retour, ils veulent absolument descendre à la plage.
« C’est bientôt la nuit et je ne veux pas que vous entriez dans l’eau la nuit, dit leur mère. 
Pas de mer la nuit, c’est trop dangereux.
– On n’ira pas dans l’eau, Maman ! Pas dans  l’eau ! supplient les enfants. On s’assiéra sur  le sable, juste pour voir le coucher de soleil  sur la mer... »
Le coucher de soleil sur la mer... Il est vrai  que c’est bien tentant pour elle aussi. Ils se trouvent juste à côté de la plage.
«Qu’en dis-tu, Papa ?
– Je pense qu’on peut aller s’asseoir sur le sable, pas loin de l’eau. On étendra la natte et on prendra le repas du soir sur la plage 
au lieu de salir la voiture. Je dois la rendre demain au voisin et il faut qu’elle soit impeccable. Il vaut mieux manger dehors plutôt que de faire des taches difficiles à nettoyer.
– Et que ferons-nous quand il fera nuit? Tu sais que la nuit tombe très vite.
– Je dirigerai les phares sur nous et cela nous donnera le temps de terminer le repas. Ne t’inquiète pas. »
Mme Nathan accepte. Les enfants sautent de joie et se cognent la tête sur le plafond de la voiture. La plage les attend avec ses 
couleurs splendides du coucher de soleil.
Ils descendent de la voiture, étendent leur natte sur le sable et sortent leurs sacs. Ils se lavent les mains, mangent leurs sandwichs 
et bavardent gaiment. Les parents regardent leurs enfants avec amour et satisfaction. Quand ont-ils l’occasion de savourer de beaux moments comme ceux-là ?

La nuit tombée, le père met le contact et rapproche la voiture de l’endroit où sa famille est assise. Il laisse les phares allumés, 
ce qui leur permet de voir clairement.
« Allez, il faut terminer de manger, réciter le bircat hamazone et emballer les restes, demande la mère. « Si vous terminez vite 
et qu’il nous reste assez de temps pour que la batterie continue à fonctionner, je demanderai à Papa de nous chanter une 
chanson de la yéchiva. »
Une chanson de la yéchiva ! C’est la  « friandise » de chaque excursion. Leur père a une belle voix douce et les fait fondre lorsqu’il chante l’un de ses chants favoris. 
Les enfants s’empressent de débarrasser et de remettre les restes dans des sachets. 
Voilà, tout est propre. Il ne reste qu’à rouler la natte, la déposer dans le coffre et quitter les lieux.
M. Nathan commence à chanter, les yeux fermés. Alors qu’il chante, l’obscurité se fait  brusquement. Que se passe-t-il?

« La batterie est à plat» soupire M. Nathan.Les enfants n’osent pas lui demander de terminer le chant.

« Je ne comprends pas pourquoi. Le voisin m’a dit que la batterie est toute neuve. Bon. Il faut chercher une voiture pour la  brancher à la nôtre. Sans cela, on ne pourra pas démarrer. »

Il se rend compte malheureusement assez vite que c’est plus compliqué que cela. D’abord, il n’y a pratiquement personne dans le coin isolé où ils ont choisi de s’asseoir. A part cela, même si une voiture passait... Il a suivi un chemin étroit dont il  est descendu ensuite pour s’arrêter près de l’eau. Il faudrait maintenant qu’une voiture se mette face à la sienne pour pouvoir passer un câble d’un moteur à l’autre. C’est impossible !

«On peut essayer de tourner la voiture, Papa » dit son fils de dix ans qui a vite compris la teneur du problème.

«On peut essayer, mais elle risque de glisser  jusque dans l’eau » répond son père.

Il se rend compte qu’ils sont dans une situation délicate. Quand sa femme comprend elle aussi la difficulté, elle propose de faire un don à Koupat Ha’ir. 

Ils décident ensemble du montant de la somme et téléphonent à la Koupa.Quelques minutes plus tard, ils entendent le ronronnement d’un moteur. Ils agitent les bras en tous sens et une voiture s’arrête. 

L’automobiliste écoute les faits que lui raconte M. Nathan et hoche la tête. M. Nathan craint qu’à la vue de la position de sa voiture, le chauffeur fasse demi-tour et lui suggère d’appeler un tracteur. Avec la meilleure volonté du monde, comment sa  voiture arriverait-elle près de leur moteur?

« Je ne viens jamais par ici, dit le chauffeur. Je ne sais pas pourquoi je suis venu. Je suis mécanicien et j’ai dans ma voiture une 
batterie portable. Je vais la brancher à votre voiture et vous pourrez démarrer. »

C’est tellement simple ! Un don à Koupat Ha’ir, et D. dirige la voiture d’un mécanicien juste à côté d’une famille désemparée sur 
la plage d’Acco.Cela semble si simple, si naturel. Et  pourquoi pas?