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Les efforts des dernières heures portent leurs fruits : la maison brille, les enfants sont vêtus de leurs habits de fête, la soucca est construite et décorée.

Les efforts des dernières heures portent leurs fruits : la maison brille, les enfants sont vêtus de leurs habits de fête, la soucca est construite et décorée. Naomi prépare encore un plat spécial que les enfants aiment beaucoup et qu’elle réserve pour Yom Tov. De temps à autre, elle jette un coup d’oeil à la montre et mesure le temps qui lui reste. Il est midi passé, elle a encore le temps.
A 14 heures, le téléphone sonne : son pédiatre est au bout du fil. « Les résultats des examens que vous avez faits hier au bébé ne sont pas très bons » dit-il.
Sa petite fille d’un mois a une jaunisse depuis sa naissance. Ils ont fait toutes sortes d’examens et sont allés voir un spécialiste. Comme elle a un mois, sa jaunisse demande à être suivie. Jusqu’à présent, tout allait bien, mais voilà que les choses changent.
« L’examen montre la présence d’une infection, dit le pédiatre. Je ne pense pas qu’il faille laisser passer la fête sans un examen plus approfondi. Le bébé est encore tout petit. Voulez-vous que je vous envoie par télécopie une demande d’hospitalisation ? »
Une demande d’hospitalisation ??? Maintenant ? 
La fête va commencer dans quelques heures ! Naomi sent les larmes lui monter aux yeux. Comment peut-elle aller à l’hôpital et laisser ses enfants seuls ? D’un autre côté, le bébé est si petit… il ne faut pas prendre de risque
« Si vous voulez, vous pouvez essayer de refaire un examen maintenant, propose le médecin qui comprend son dilemme.
Allez à Térem, le dispensaire des urgences à côté de chez vous, faites un examen de sang, et vous verrez ce qu’il en est. Si les résultats sont bons, vous pourrez rentrer chez vous. »
Naomi et son mari prennent un taxi et se précipitent à Térem. Là, tout se déroule très très très lentement. Ils essaient de demander qu’on fasse plus vite, la fête entre bientôt ! Mais la fête est bientôt là pour tout le monde. La queue avance lentement et personne n’éprouve de pitié particulière pour eux et leur bébé. Voilà, leur tour arrive enfin. L’infirmière fait une prise de sang et ils s’asseyent pour attendre les résultats…
« Je vois un signe d’infection, dit le médecin en regardant la feuille qui sort de l’imprimante. Il n’y a pas le choix. Il faut aller sans tarder aux urgences de l’hôpital. »
« Nous sommes en route vers l’hôpital, explique Naomi au téléphone à ses enfants. Les résultats ne sont pas très bons. Organisez ce qu’il faut avant la fête, faites Kiddouch et prenez le repas de Yom Tov. Peut-être que Papa rentrera à pied ce soir, cela dépend de l’état du bébé. De toute façon, il rentrera le matin, pour faire la mitsva du loulav et du étrog. N’oubliez pas que c’est Yom Tov, soyez joyeux ! »
Aux Urgences-enfants, tout est encore plus lent qu’à Térem. Un seul médecin est présent et s’occupe de mille choses à la fois. Quelques parents fatigués attendent depuis des heures, quelques enfants sont couchés sur les lits. Naomi et son mari sont tellement pressés ! Ils demandent qu’on fasse une prise de sang, qu’on examine leur enfant… Une infirmière aimable leur explique ce que tout le monde sait : si l’on commence à donner des antibiotiques par intraveineuse, il faut rester trois jours à l’hôpital au minimum, parfois beaucoup plus.
Ils traversent le processus habituel d’admission aux urgences : formulaires à remplir, étiquettes à coller, dossier à ouvrir. La montre avance sans faille : Yom Tov est bientôt là. Naomi demande un sachet et emballe ses objets mouktsé.
Son mari s’approche du bureau des infirmières et leur remet le sachet en dépôt jusqu’à la fin de la fête.
Et soudain, il se retourne. Les bulletins de Koupat Ha’ir ! Pourquoi croit-il à toutes les histoires de yéchouot qui y sont racontées,
mais reste enfoncé dans son problème quand se présente le moment de les mettre en pratique ? Toutes ces histoires arriveraient-elles à tout le monde sauf à lui ?
« Je promets de faire un don important à Koupat Ha’ir, bli néder, si nous rentrons chez nous avant la fête, avec le bébé, bien sûr » dit-il.
Naomi le regarde, incrédule. Il décide maintenant de faire un don à Koupat Ha’ir ? Que vont-ils faire maintenant ? Les médecins vont bientôt décider de la dose d’antibiotiques à injecter et vont glisser une aiguille dans le petit bras de son bébé. Personne ne prend de risque quand il s’agit d’un bébé de quatre semaines atteint d’une forte jaunisse. Mais à ce moment-là, les choses
commencent à avancer :
Le médecin s’approche enfin d’eux.
« Alors, qu’avons-nous là ? demande-t-il posément. Un bébé d’un mois, ictère de naissance. Bon. Que pensiez-vous ? Que
cette jaunisse allait disparaître en un jour ? »
Il prend le bébé et la pose sur le lit. Il jette un coup d’oeil sur ses yeux, appuie sur sa fontanelle, tape ici, écoute là. Un médecin de la vieille école, qui tient compte de son impression davantage que des numéros inscrits sur les feuilles. Le médecin observe encore une fois l’enfant, puis regarde les papiers.
« Vous rentrez chez vous ! annonce-til.
Nous allons prélever une culture. Si nécessaire, nous vous convoquerons dans deux-trois jours. Mais pour l’instant, il est superflu de lui donner des antibiotiques. Tout à fait superflu. »
Ils n’en croient pas leurs oreilles !
« Nous allons prélever une culture » paraît contrariant, surtout quand on est à moins d’une heure de la fête. Mais Naomi et son mari s’accrochent à la force de la Tsédaka à Koupat Ha’ir. En effet, dès qu’il a promis un don, tout a commencé à changer !
Et c’est exactement ce qui arrive : tout d’un coup, l’infirmière a le temps et arrive tout de suite. Tout d’un coup, les choses avancent rapidement et sans bavures.
Tout d’un coup, tous les papiers sont réunis et il n’est pas nécessaire de courir à l’autre bout du couloir pour chaque imprimé. En quelques minutes, ils sont déjà au bureau pour obtenir l’autorisation de sortie. Puis ils remontent en courant prendre le dossier et voilà qu’ils sortent de l’hôpital !
Ils ont passé la fête chez eux, avec leur bébé, avec leurs enfants, comme dans un rêve…