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« Tu vas bientôt te fiancer, dit sa mère avec une gaité qui tente d’être sincère. Ce sont tes derniers jours de célibat. Profite-en ! Profite de ta liberté ! Pourquoi être toujours préoccupée par des soucis ?

« Tu vas bientôt te fiancer, dit sa mère avec une gaité qui tente d’être sincère. Ce sont tes derniers jours de célibat. Profite-en ! Profite de ta liberté ! Pourquoi être toujours préoccupée par des soucis ?
– Comment sais-tu que je vais bientôt me fiancer ? demande Avigail avec une certaine amertume.
Pourquoi espérer que la prochaine fois, cela se terminera autrement ?
– Parce que la prochaine fois, ce sera probablement après les quarante jours où les envoyés de Koupat Ha’ir auront prié pour toi à Amouka. Tu crois qu’avec des prières pareilles, c’est la même chose ? »
Non, elle sait que ce n’est pas la même chose. Avigail et sa mère font souvent des dons à Koupat Ha’ir indépendamment et transmettent les deux sommes ensemble. A part cela, elles ont toutes deux signé sur des prélèvements automatiques et aiment aussi donner de petites sommes de temps en temps.
Pendant ces quarante jours où les envoyés de Koupat Ha’ir prient pour elle à Amouka, elles prient elles aussi, l’après-midi, en récitant des Téhillim et en ajoutant une prière personnelle. Elles prient qu’Avigail trouve le mari qui lui est destiné, son âme soeur. « Zivoug hagoun békarov » – un bon partenaire prochainement.
Prochainement, oui, c’est important. Elle a connu beaucoup de déceptions ; beaucoup de propositions lui ont causé des soucis sans aucune conséquence positive. Si seulement la prochaine fois, cela pouvait être la bonne !
« Nous ne faisons pas un don puis nous désintéressons de la chose en pensant que quelqu’un fera le travail pour nous » lui dit sa mère quarante jours plus tôt après avoir téléphoné à Koupat Ha’ir et s’être inscrite pour 40 jours de prières à Amouka. Ce n’est pas la bonne attitude. Les envoyés de Koupat Ha’ir prieront pour nous, l’argent que nous avons donné ira à la meilleure
charité qui soit, et le mérite de la tsédaka fera son effet. Quant à nous, nous ferons notre part. Nous prierons chaque jour nous aussi, nous ajouterons des mérites et des prières, et nous espérons que D. agréera nos efforts. Notre prière a une grande importance ».
Depuis, pendant quarante jours, elles prient et récitent des Téhillim tous les après-midis et ajoutent parfois un petit don pour ouvrir les Portes du Ciel.
Ces prières sont estimées au Ciel, cela ne fait pas de doute. La mitsva de tsédaka a une force extraordinaire. Et les 40 jours de prières à Amouka, et leurs prières ici.
Quelque chose va changer…
« Les 40 jours à Amouka vont bientôt se terminer, Avigail. Je vois déjà l’assiette que nous allons casser à tes fiançailles. As-tu un vêtement pour les fiançailles?
– Des fiançailles sans hatan, Maman ? Oui. Pour des fiançailles pareilles, j’ai un vêtement. »
Avigail ne comprend pas d’où sa mère puise cette assurance. 36 jours ont déjà passé. Il n’y a aucune proposition matrimoniale en vue. Comment parler de fiançailles à présent ?
Mais sa mère avait raison. A la fin des 40 jours, une bonne proposition de chidoukh leur a été faite.
Pendant une semaine, ils se sont renseignés sur tous les détails puis ont fait avancer les choses. Les deux jeunes gens ont de suite senti qu’ils étaient destinés l’un à l’autre. Avigail était plus heureuse que jamais. Moins de quatre mois plus tard, Avigail était mariée et marchait fièrement aux côtés de son jeune époux.
Moins de quatre mois ! Si on le lui avait dit à ce moment-là, elle ne l’aurait pas cru.
« Alors, tu t’es fiancée avec un hatan ou sans hatan ? lui demande sa mère en plaisantant. Les 40 jours de prières à Amouka se sont terminés, la proposition s’est présentée et tout s’est passé facilement. Voilà, un peu plus de trois mois plus tard, vous êtes déjà mariés.
Est-ce qu’il peut y avoir mieux que cela ? » Non, vraiment pas. D. merci mille fois.