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« Bonjour, Myriam ! Comme je suis contente de te voir ! » Myriam rougit. Cela fait trois jours seulement qu’elle s’est fiancée et elle se sent encore gênée en présence de sa future belle-mère, la mère de son fiancé.

« Bonjour, Myriam ! Comme je suis contente de te voir ! »
Myriam rougit. Cela fait trois jours seulement qu’elle s’est fiancée et elle se sent encore gênée en présence de sa future belle-mère, la mère de son fiancé.
« Veux-tu t’asseoir à côté de moi ? » propose Mme N. Myriam hoche la tête et prend place. Elles bavardent de choses et d’autres. Le cousin de Myriam se marie là ce soir, aux Salons Hatamar de Bnei Brak. Sa future belle-mère est elle aussi invitée à ce mariage et la jeune fiancée essaie de se tenir droite, de manger proprement et d’être irréprochable.
Après l’entrée, Mme N. lui tend un petit paquet. « C’est un cadeau d’anniversaire, lui dit-elle en souriant. Ouvre-le ! »
Myriam sort du sachet un petit coffret qu’elle ouvre délicatement.  Sur un tapis de velours bleu
brille une magnifique bague en or.
« Oh !
- Elle te plaît ? Elle est jolie ?
- Elle me plaît beaucoup ! Vraiment, merci ! Merci beaucoup ! »
Myriam passe la bague à son doigt et la lui montre. Pendant tout le mariage, la bague brille à son doigt alors que ses amies et ses cousines la regardent, l’admirent et complimentent la fiancée.
Dans la voiture aussi, sur la route qui ramène sa famille vers Arad au sud du pays, la bague orne le doigt de Myriam. C’est l’aînée de sa famille, la première fiancée… Le cadeau qu’elle vient de recevoir capte toute l’attention de ses soeurs. Toutes observent la bague à tour de rôle, en discutent et en font l’éloge.
« Laisse-moi l’essayer, d’accord ? demande l’une des soeurs en arrivant à la maison.
- Avec plaisir, répond Myriam.
Elle essaie d’enlever la bague mais celle-ci refuse de glisser de son doigt. Myriam tire, pousse, tourne.
Son doigt devient rouge mais rien à faire : la bague ne bouge pas.
- Une seconde, je n’arrive pas à l’enlever. Attends, je vais te la donner tout de suite.
Myriam rassure sa soeur et se rassure elle-même.
Elle lave sa main à l’eau, tire, tire encore, mais rien à faire.
- Essaie avec du liquide vaisselle » suggère son père qui la voit tendue.
Myriam verse une bonne quantité de savon liquide sur son doigt. Sans en être impressionnée, la bague reste fermement sur place.
Malgré leur fatigue, ses frères et soeurs se rassemblent autour d’elle. Myriam est inquiète :son doigt commence à lui faire mal à cause de la pression de la bague.
« Mets de l’huile » propose sa mère, anxieuse. La jeune fille trempe son doigt dans l’huile de soja, puis dans l’huile d’olive, tire fort, mais en vain.
Ils essaient de badigeonner son doigt de dentifrice, puis d’huile pour machine à coudre. Ils tirent la bague, la tournent dans tous les sens, mais la bague ne semble pas prête à coopérer. Son doigt bleuit et gonfle. Ses parents inquiets envisagent de l’emmener à l’hôpital de Beer Chéva mais pensent qu’il vaut mieux trouver dans leur ville un artisan prêt à scier le bijou.
« Mais c’est un cadeau ! De ma future belle-mère ! » pleure Myriam. Certes, ce n’est plus une enfant mais la fatigue, l’affolement et la douleur affaiblissent  sa résistance.
« Qu’est-ce que je vais lui dire ? Que nous avons fait scier la bague qu’elle vient de m’offrir ?
- Alors qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas rester comme ça avec cette bague jusqu’à ton mariage ? » demande candidement son petit frère.
Sa question innocente ne fait qu’accroître les sanglots de la fiancée.
Cinq minutes de plus passent. Le doigt de Myriam continue à gonfler et personne ne sait que faire. Le père a pris le téléphone en main pour commander un taxi en direction de l’hôpital alors que de l’autre main, il tourne les pages de l’annuaire pour trouver un orfèvre qui pourrait brûler une petite partie de la bague et la faire glisser.
« Qu’est-ce qui est préférable ? L’hôpital ou un orfèvre ? demande-t-il.
- Attends. Je vais téléphoner à ma soeur et je vais lui demander conseil » dit la maman.
Sa soeur habite la même ville qu’eux et les deux familles sont revenues ensemble du mariage. Elle n’est probablement pas encore allée dormir. Après deux sonneries, la tante décroche.
« Oui ? Qu’est-ce qu’il se passe ?
- C’est la bague de Myriam… Sa belle-mère lui a offert une bague ce soir. Elle n’arrive pas à l’enlever. On a mis de l’eau, du savon, de l’huile, et même du dentifrice.
Rien à faire. Qu’est-ce que tu en penses ? Cela sert à quelque chose d’aller à l’hôpital ? Peut-être que nous devrions chercher ici un orfèvre pour qu’il scie la bague ? Tant pis pour le bijou, nous en achèterons un autre à Myriam. Nous sommes inquiets pour son doigt qui est tout bleu et enflé. Mais elle ne veut pas en entendre parler. C’est le premier cadeau qu’elle a reçu de la famille du fiancé…
- Ni hôpital ni orfèvre, affirme la tante de Myriam. Il existe une solution bien plus simple. Tu n’as pas entendu ce qui est arrivé à mes lunettes au mariage ? Ce soir, j’étais debout près de la balustrade de la salle de mariage et tout d’un coup, un verre de mes lunettes est tombé deux étages plus bas à l’arrière du bâtiment, là où il y a des jardins d’enfants. Tout était fermé à clé et sombre.
J’ai réussi à me faufiler dans la cour des jardins d’enfants et j’ai éclairé le sol avec la lampe de mon portable. J’ai essayé de
chercher et une parente est venue m’aider avec son portable à elle… Nous avons fouillé dans toute la cour sans rien trouver…
- Et ensuite ?
- J’ai téléphoné à mon mari pour lui demander de venir m’aider à chercher. ‘Tu as fait un don à Koupat Ha’ir ? me demande-t-il. ‘Non’. Je n’y avais même pas pensé. Mon mari s’est étonné : ‘Comment as-tu pensé que tu réussirais à trouver un verre minuscule et transparent dans l’obscurité ? Je donne 1 chékel à Koupat Ha’ir pour que tu la trouves.’ Nous avons
raccroché et j’ai pensé qu’un chékel, c’était trop peu.
J’ai donné moi aussi 18 chékels et j’ai éclairé le sol de mon portable. Juste à l’endroit que nous avions examiné plusieurs fois, j’ai trouvé le verre. »
- Nous faisons un don à Koupat Ha’ir pour que la bague glisse facilement du doigt de Myriam ! » annonce la maman.
Et la belle bague, premier cadeau de la famille du fiancé, semble n’avoir attendu que cette déclaration pour glisser du doigt de Myriam…
« Pourquoi ne m’as-tu pas rappelée hier soir pour savoir comment cela s’était terminé ? demande la maman à sa soeur le lendemain matin.
- Je n’avais pas le moindre doute. Mon expérience m’a prouvé ce que tout le monde sait : la tsédaka à Koupat Ha’ir peut faire des prodiges ! »