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Il existe des gens grands qui sont prêts à révéler des périodes difficiles et douloureuses de leur vie dans le seul but d’encourager les autres à donner la charité. Qu’ils en soient ici remerciés

Ecrire cette histoire a été difficile, plus que toutes les autres. Une écriture élégante dans une lettre sincère qui touche au plus profond du coeur ; une conversation téléphonique qui laisse réfléchir. Il existe des gens grands qui sont prêts à révéler des périodes difficiles et douloureuses de leur vie dans le seul but d’encourager les autres à donner la charité.
Qu’ils en soient ici remerciés ! Il lui est difficile de parler de cette époque, celle où son épilepsie s’est déclarée. L’affolement,
l’impuissance, les terribles crises, l’horrible sensation qui les suivait. Une jeune femme de trente-cinq ans, mère de famille nombreuse…
Les médecins n’étaient pas optimistes. Ils ont essayé des médicaments forts qui lui ont pris le peu de forces qui lui restaient. Malgré les pénibles effets secondaires des comprimés, les crises n’ont diminué ni en fréquence ni en intensité.
« C’est un drame, dirent les quelques personnes au courant. Une véritable tragédie qui arrive brusquement à cette famille. Une jeune femme en parfaite santé qui élève de nombreux enfants et tout d’un coup – elle devient épileptique ! »
« Il existe des maladies auxquelles, en plus de tout, s’ajoute la honte » pense la malade. Elle ne sort plus de chez elle de peur d’avoir une crise dans la rue. Et même dans sa maison, les jours passent entre le temps qu’il faut pour se remettre d’une crise et la crainte effroyable de la prochaine. Chaque crise risque de se terminer en un désastre. La chute est brutale et risque d’arriver n’importe où ; elle peut causer de graves dégâts, une fracture du crâne. Y aura- t-il quelqu’un pour apporter les premiers secours ? Impossible de le savoir. On ne peut pas non plus enchaîner le père de famille à la maison.
La plus grande crainte, c’est que la crise ait lieu en présence des enfants… Il leur suffit d’assister à une seule crise d’épilepsie pour imprimer dans leur tendre esprit un traumatisme à vie.
Cette maladie, qui n’est certes pas dangereuse, est effrayante et cause une grande souffrance.
« On éprouve une peur terrible, comme si l’âme se détachait du corps. Ce n’est pas la crainte de la douleur, c’est quelque chose
d’autre, d’incontrôlable, dont il est impossible de se protéger. Les mots ne peuvent le décrire.» Elle ressent des hallucinations effrayantes, un sentiment général de crainte cauchemardesque ; elle appréhende d’aller dormir la nuit. Son mari s’absente souvent  de ses occupations, il est en retard à la synagogue.
La maladie a arrêté le cours de leur vie familiale. Et on n’y a pas encore trouvé de médicament adapté.
A cette période, les crises se produisaient à intervalles réguliers. Un sentiment intérieur inexplicable, qui allait en se renforçant, annonçait ce qui allait se produire. Les médecins ne savaient expliquer la raison de ce pressentiment – mais la malade le ressentait bien et ses prémonitions s’avéraient justifiées.
Lorsque ce sentiment s’intensifiait, son effroi grandissait de façon incontrôlable. Est-ce que la crise allait se produire aujourd’hui ? Demain? Après-demain ? Il lui était impossible de penser à quoi que ce soit d’autre, impossible de faire quoi que ce soit. L’effroi la paralysait.
Un soir, lorsque ce sentiment lui fit comprendre qu’une crise était proche et que les dates – l’intervalle entre une crise et l’autre – correspondaient, Mme L. eut peur d’aller dormir. « Je n’ose pas aller m’allonger, dit-elle en pleurant. Je sais que la crise va arriver, j’en suis sûre. Je ne peux pas traverser ce cauchemar une fois de plus. » Aucun médicament n’est efficace, rien ne peut empêcher le mal. La crainte est paralysante. Soudain, comme par une suggestion céleste, elle prend une décision et son
mari l’approuve. « Si jusqu’à Roch Hodech Iyar (un mois entier), je n’ai aucune crise, nous donnerons à Koupat Ha’ir telle somme ». Pour eux, il s’agissait d’une somme très importante qui dépassait leurs moyens. Bien que pour une famille moyenne,
cette somme n’est pas considérée comme très élevée, pour eux, elle représentait un gros effort. Cette décision l’a rassurée. Elle
est allée dormir et s’est réveillée le lendemain souriante et soulagée. Un profond sentiment de reconnaissance envers D. l’a enveloppée.
L’appréhension qu’elle éprouvait la veille a disparu sans laisser de traces. Les jours passent. Les dates annoncent une nouvelle crise qui doit se produire. Elle s’examine et ne sent rien. Le mois n’est pas encore terminé.
« Notre promesse est efficace, murmure-t-elle, craignant de compromettre le miracle. Elle est efficace. Les crises ne viennent pas ! Jamais autant de temps n’a passé sans crise. A présent, il n’y a rien ! »
Le mois de Iyar entier est passé. Au début du mois suivant, Sivane, elle était en proie à une grande émotion, et aussi à une certaine appréhension. Un mois extraordinaire est passé, la situation va-t-elle revenir comme avant ?
« S’il n’y a pas de crise non plus en Sivane, nous ferons un don supplémentaire » dit-elle. Son mari est d’accord. Il vaut mieux courir chercher des emprunts que de connaître cet avant goût de la mort.
Les jours passent tranquillement, sans crise. Les médecins ne comprennent pas, ne peuvent pas le croire. Alors que leurs médicaments ne servent à rien, un don à Koupat Ha’ir est efficace ?
« Il n’est pas nécessaire d’offrir de grosses sommes ; il faut qu’elles soient substantielles pour vous, explique-t-elle, émue. Chacun selon ses moyens. Le plus important, c’est le coeur, la prière, la foi en D. »
Elle n’a pas eu de crise en Sivane non plus. Des mois sereins, sans crainte, sans le cauchemar habituel, sans pleurs nocturnes et sans frayeur. Deux dons à Koupat Ha’ir et puisse D. continuer à les aider...
« Seul quelqu’un qui a connu cela peut comprendre la yéchoua que j’ai vécue, écrit-elle. Et je souhaite que personne ne le connaisse. »