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Dans chaque foyer, il existe certains jours avant Pessah où il semble que le désordre ne disparaîtra jamais. Où qu’on regarde, on ne voit que chiffons, détergents, objets divers qu’on ne sait où poser.

Pour entendre l’histoire racontée par les protagonistes, téléphoner au : +972-3-5786568

Dans chaque foyer, il existe certains jours avant Pessah où il semble que le désordre ne disparaîtra jamais. Où qu’on regarde, on ne voit que chiffons, détergents, objets divers qu’on ne sait où poser. Il n’y a aucune chaise libre, aucune place vide sur la table.
Dans le tohu-bohu qui précède Pessah, Mme D. vide son réfrigérateur de tous les aliments et les pose sur la table et sur son plan de travail.
Elle dégage les pièces du réfrigérateur, fait coulisser les tiroirs, dévisse les barres transversales puis verse du détergent et astique l’intérieur de l’appareil. Après plusieurs heures de travail, alors que la viande commence à dégeler, Mme D. est satisfaite du résultat de ses efforts. A présent, elle veut rapidement remettre au réfrigérateur tous les aliments qu’elle en a tirés. Elle pose des feuilles de journal sur les tablettes propres, branche la prise et… un silence bizarre répond à son geste. Elle détache la prise puis la remet en place – le réfrigérateur pousse un léger soupir, et se tait. Une demi-heure plus tard, Mme D. recommence
l’expérience et malheureusement, elle se rend compte que son nettoyage intensif a causé l’expiration du thermostat, du moteur ou de je-ne-sais-quoi. 
Elle téléphone sans tarder à un technicien qui lui répond qu’il est débordé, qu’il a une liste d’attente et qu’il ne pourra pas
venir avant le lendemain. En tous cas, la réparation ne coûtera pas moins que 250 chékels (50 euros environ). Ah la la ! Qui veut dépenser, quelques jours avant Pessah, 250 chékels en réparation ? L’argent file déjà entre les doigts à cause de toutes les dépenses pour la fête…
C’est pourquoi M. et Mme D. décident, comme ils en ont l’habitude, de promettre 50 chékels à Koupat Ha’ir s’ils n’ont pas besoin de payer un technicien.
La viande est déjà complètement décongelée et les produits laitiers sont envoyés rapidement chez les voisins pour être gardés au froid. Une confusion totale règne dans la cuisine.
Et le réfrigérateur poursuit sa grève. Il n’y a pas le choix : il faut appeler un réparateur de suite. Les D. se rendent rapidement compte que ce ne sont pas seulement eux qui ne veulent pas d’un technicien : les techniciens aussi ne veulent pas d’eux… Ils sont tous débordés, pas un n’est disponible. En fin de compte, tard le soir, ils trouvent un réparateur inconnu qui accepte de venir examiner leur appareil. Il dévisse les parois du réfrigérateur, jette un coup d’oeil à l’intérieur et à chaque instant, annonce
à la famille un autre problème qu’il faut réparer.
Le coût de la réparation monte rapidement et les 250 chékels du début deviennent 400.
Mme D. se fait des reproches d’avoir inondé son frigidaire au cours du nettoyage et son mari se demande où il pourra trouver ces 400 chékels. Il pense au don qu’il a promis : « Si nous n’avons pas besoin de payer un technicien, nous donnerons 50 chékels à Koupat Ha’ir ».
Comme c’était aléatoire, illogique. La Koupa va perdre, cette fois-ci… Le réparateur démonte le thermostat et apporte des pièces de rechange de sa voiture. Il soude un nouveau fil près du moteur. Par hasard, il a aussi dans sa voiture une étagère adaptée au réfrigérateur pour remplacer celle qui était fendue. Pendant qu’il travaille, il bavarde avec M. D.
« Combien avez-vous d’enfants ? demande-t-il.
–Sept. »
Cet homme qui n’était pas religieux regarde autour de lui et s’étonne du silence.
« Sept ? Vous vous moquez de moi !
–Venez voir, si vous le voulez. »
M. D. le conduit vers les chambres d’enfant. Le technicien s’approche et regarde les lits où dorment les sept petits enfants de la
famille D. Stupéfait, il retourne au réfrigérateur.
Il referme la pièce en plastique qui couvre le thermostat et déclare : 
«Si c’est comme ça, vous ne paierez pas la réparation. » M. et Mme D. le regardent, interloqués.
« La réparation est gratuite » explique- t-il.
M. D. essaie de le remercier, très étonné par ce qui vient de se passer dans sa cuisine. Le froid qui se répand dans le réfrigérateur et le bruit du moteur prouvent que le réparateur connaissait bien son métier.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
L’étranger ramasse ses outils et les remet dans leur boite puis met la main dans sa poche. « J’ai des amis riches à Yaffo, raconte-t-il à M. et Mme D. Ils me donnent de l’argent à distribuer à ceux qui en ont besoin. Vous avez des petits enfants. Voici de quoi leur acheter quelque chose pour la fête. »
Il sort de sa poche 250 chékels, la somme précise que la famille D. pensait devoir payer à un technicien.
Il met les billets dans la main de M., soulève sa boite à outils et disparaît.
Le silence règne dans la cuisine en désordre. Seul le bruit du frigidaire raconte le miracle qui vient de se produire. Le couple contemple les billets qu’ils viennent de recevoir de celui qui leur a réparé le réfrigérateur. Seule la promesse à Koupat Ha’ir
plane dans la pièce et offre l’explication : « Si nous n’avons pas besoin de payer un technicien, nous donnerons 50 chékels à Koupat Ha’ir…