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J’ai fait un don et je n’ai pas vu la yéchoua

C. est directeur d’un héder privé (école de garçons) dans une ville d’Israël. En tant que responsable d’une institution, il lui incombe de partir souvent à l’étranger pour recueillir des fonds.

Pour entendre l’histoire racontée par le protagoniste +972-50-4188826

C. est directeur d’un héder privé (école de garçons) dans une ville d’Israël. En tant que responsable d’une institution, il lui incombe de partir souvent à l’étranger pour recueillir des fonds. Peu de gens se rendent compte des efforts immenses qu’il investit dans sa fonction. Peu de gens connaissent ses hésitations, ses difficultés, l’énorme responsabilité qui repose sur ses épaules et – bien sûr – la lourde charge de distribuer chaque mois des dizaines de salaires. Sait-on combien de jours il passe dans l’avion, combien de semaines il passe à étranger pour revenir ensuite avec moins, toujours moins, que ce qu’il espérait ?
C. ne s’autorise jamais à acheter un billet en Classe Affaires. Le prix du voyage est prélevé des dons qu’il reçoit. Comment pourrait-il faire une telle dépense ? Son épouse n’est pas contente :
« Si tu faisais un voyage un peu plus confortable et que ces heures d’avion t’étaient un peu plus agréables, serait-ce si grave?
Ce ne serait qu’un bonus pour toi et pour le héder !»
Mais il ne peut s’y résoudre: la différence de prix est trop importante.
Parfois, lorsqu’il fait l’aller-retour dans la même semaine et qu’il lui faut donc acheter un billet régulier, il lui est donné d’ajouter une somme modique pour voyager en Classe Affaires.
Mais cela non plus, il ne le fait pas ; ce peu-là est encore trop important pour lui. Cependant, une fois qu’il a acheté ce billet cher, il demande à la compagnie de lui accorder gratuitement une place en Classe Affaires. Parfois, la compagnie accepte de rendre ce service à un bon client comme lui. La différence de prix est si petite que la compagnie aérienne est quelquefois intéressée
de faire de la place dans la Classe Touristes en faisant passer certains voyageurs dans l’autre partie de l’avion, généralement à moitié vide.

Un jour, après un long voyage fatiguant en Classe Touristes, C. se sent à bout de forces. Il n’a plus vingt ans, il est surmené. Lorsqu’il arrive à l’étranger, il essaie d’utiliser chaque minute de son temps et, lorsqu’il atterrit en Israël, il retourne sans tarder
à ses responsabilités illimitées de directeur.
Il mène une vie turbulente qui ne lui laisse pas un instant pour souffler. Il faut absolument qu’il s’allège la tâche. Les sages propos de sa femme lui reviennent en mémoire, ainsi que toutes ses sombres prédictions s’il continuait à vivre de cette façon. Il
se rend bien compte que sa santé n’est plus ce qu’elle était : son dos, ses épaules, sa tête, rien ne fonctionne comme avant. Les voyages en avion ont, sans aucun doute, un effet nuisible sur sa  santé. Il se résigne donc à être raisonnable et, la prochaine fois, à voyager en Classe Affaires.
Avant le voyage suivant, C. se trouve une nouvelle fois devant le conflit habituel. Pourtant, cette fois-ci, les deux côtés du dilemme sont plus forts. Doit-il céder à la décision qu’il avait prise la dernière fois et payer pour un confort supplémentaire alors qu’il manque tant d’argent? Non, c’est vraiment trop difficile pour lui. Voyager en Classe Touristes comme d’habitude et perdre son temps précieux en regrets ? Il ne vaut mieux pas. Renoncer à ce voyage, un point c’est tout ? Impossible !
Que faire ?
C. sent que cette lutte intérieure l’épuise, lui qui est déjà bien fatigué. Que faire ?
En fin de compte, C. fait un don de 180 chékels à Koupat Ha’ir et prie D. de l’aider à voyager en Classe Affaires sans payer de supplément. Ce serait sans aucun doute la meilleure solution. Mais comme cette solution est quasi-miraculeuse, car un billet charter ne donne pas droit à la Classe Affaires, un don à Koupat Ha’ir est une excellente façon de l’obtenir.
Arrivé devant l’employée au comptoir de l’aéroport, C. demande à être autorisé à voyer en Classe Affaires. « Mais Monsieur, c’est un billet charter… Ces billets-là, on ne les change pas » lui répond-elle, comme il s’y attendait.
Cette fois-là, il avait acheté ce billet avantageux car il devait rentrer en Israël après Chabbat. C. le savait et il avait fait son don en toute connaissance de cause, sachant que le Créateur pouvait l’aider de n’importe quelle façon, même s’il achetait un billet charter.
« Veuillez présenter ma demande malgré tout» dit-il, sûr de lui. L’employée hausse les épaules et tape le numéro de code de sa demande. Parfois, la direction approuve la demande immédiatement, parfois il faut attendre un peu. C. attend patiemment, autant que l’heure du décollage le permet. Les minutes passent, il lui reste peu de temps. Il est déçu. Il avait trop mis d’espoirs en
cette solution… Dommage. De temps en temps, il interroge l’employée d’un signe de tête, et elle lui fait signe que non, en ajoutant un mouvement voulant dire : « Je vous l’avais bien dit ». 
Sa demande n’a pas été accordée.
C. s’approche de la porte d’embarquement. Il essaie de faire passer son billet dans la fente de la machine mais celle-ci le refuse. Il retourne donc vers l’employée pour lui demander la raison de ce problème. Elle jette un coup d’oeil à l’ordinateur
et s’exclame : « Votre demande vient d’être acceptée! Vous pouvez entrer en Classe Affaires ! » C. se retient de montrer publiquement son soulagement.
Sa demande irrationnelle a été acceptée: il voyage en Classe Affaires ! Grâce à D. ! Cette fois, son voyage est beaucoup plus facile que d’habitude. C. parvient à travailler ainsi qu’à somnoler.
Il descend de l’avion en meilleure forme, sans douleurs au dos ni à la tête.
Avant son voyage suivant, lorsque son combat intérieur est sur le point de recommencer, C. sait comment faire. Il fait un don à Koupat Ha’ir et ajoute une prière. Il ne veut pas payer avec de l’argent de tsédaka un voyage de luxe mais souffrir pendant le voyage n’est pas facile non plus.
En fait, que demande-t-il ? Un peu d’aide divine, pas davantage…
L’employée ne donne pas à sa demande (sur un billet charter) le moindre pourcentage de réussite mais elle la tape à l’ordinateur comme il l’en a priée. Pas de réponse. Lorsque l’heure du départ approche, il glisse son billet dans la fente
et s’apprête déjà à reprendre le billet rejeté par la machine. Mais non. Le billet est accepté sans difficulté.
Cette fois, cela n’a pas marché. Au fond de lui, il savait que cette possibilité existait, bien sûr, mais il préférait sentir qu’il allait bénéficier d’un miracle… Il se mord les lèvres et s’avance dans l’avion vers la place portant le numéro inscrit sur son billet. Il se trouve immobilisé sur le siège intermédiaire, à la place la moins confortable. Les hommes qui l’entourent de chaque côté, vulgaires et au langage grossier, avalent goulument des sandwiches au thon. 
C. sent son estomac se retourner.
Ne suffit-il pas d’un vol inconfortable en Classe Touristes, qu’il faille aussi que sa place se trouve justement entre ces deux
individus? Il se lève et va vers la cuisine de l’avion pour se détendre et aussi pour échapper à l’odeur du thon. Lorsqu’il
retourne à sa place, quelques minutes avant le décollage, il trouve une personne assise sur son siège.
« Excusez-moi, cette place est la mienne.– Pas du tout, cette place est à moi. »
Sans se démonter, C. sort son billet et montre, noir sur blanc, que le bon numéro figure sur son billet. A sa surprise, l’autre passager sort aussi son billet et le présente, avec non moins d’assurance, pour montrer que son billet porte le même numéro !
Tous deux s’empressent d’appeler une hôtesse car le décollage doit avoir lieu dans quelques minutes et l’avion est plein à craquer. Que va-til se passer ? Les hôtesses transmettent le problème à leur supérieur, qui lui-même le soumet  à son supérieur et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’ils reçoivent une réponse inattendue – et tant attendue : le billet de C. est changé en billet de Classe Affaires !
Alors que l’avion se trouvait déjà sur la piste de décollage, il lui faut retourner en arrière.
L’avion est à nouveau connecté à la galerie d’embarquement. Accompagné des regards étonnés de tous les passagers, C. sort de l’avion afin de rejoindre par l’extérieur la Classe Affaires.
« Tu manques de confiance en D. ! se reprochet- il alors qu’il s’enfonce dans son fauteuil capitonné.
Pour le Maître du monde, il n’est pas difficile de retenir l’avion, de le ramener à l’aéroport et de mettre en place toute une procédure pour te faire passer en Classe Affaires. C’est juste que tu n’as pas de patience…
Est-ce là ta foi en D. ? » Il accepte son reproche intérieur la tête basse, en prenant de bonnes résolutions pour l’avenir.
« On fait un don à Koupat Ha’ir, et on voit les résultats ! » raconte-t-il plus tard à tous ceux qui veulent bien l’entendre. Cela avait été l’une de ses décisions : raconter à d’autres l’histoire extraordinaire qu’il venait de vivre. Il raconte, raconte, raconte, sans savoir ce qui l’attend bientôt…
Lors de son troisième voyage, avant de se mettre en route pour l’aéroport, C. fait sans hésiter un don à Koupat Ha’ir. Il éprouve une confiance en D. absolue après ses dernières expériences. Cette fois aussi, d’une façon ou d’une autre, il est certain qu’il sera admis en Classe Affaires. Il est tout à fait détendu, comme s’il avait le billet nécessaire dans sa poche. Il n’oublie pas de prier, de « s’excuser » pour la dernière fois où sa confiance en Lui s’était évaporée si vite, et de se souvenir de toutes ses bonnes résolutions.

Mais cette fois-ci, comme pour mettre sa foi à l’épreuve, rien ne se passe.
L’employée a certes tapé sa demande à l’ordinateur mais la machine postée à la porte d’embarquement avale son billet. Sa demande n’a pas été acceptée. Il se retrouve en Classe Touristes, serré, mal à l’aise, mais certain que dans quelques instants, quelqu’un viendra lui réclamer sa place… Peut-être l’appellera-t-on au hautparleur, peut-être le pilote lui-même viendra l’accompagner à la Classe Affaires. Il faut qu’il se passe quelque chose. Car il a fait un don à Koupat Ha’ir et a ajouté une prière au Maître du monde et… Alors, il faut absolument que son billet soit changé. Cette fois-ci, il ne se découragera pas avant que l’avion ait décollé car il a vu que tout peut arriver, même au dernier moment.
Et voici que l’avion décolle, indifférent à ses espoirs déçus. C. se trouve saisi par toutes sortes de sentiments. Tout d’abord, il ressent de la colère monter en lui. De la colère contre qui ? Au début, il ne reconnaît même pas la nature de son sentiment.
De la colère contre la compagnie aérienne ? Ils ne lui doivent rien… Il a acheté un billet charter, qu’il n’est habituellement même pas possible de changer gratuitement en Classe Affaires. Contre Koupat Ha’ir ?
Koupat Ha’ir n’a jamais promis de yéchoua à ses donateurs. C’est D. qui accorde les délivrances, pas elle. Personne ne peut promettre quoi que ce soit en Son nom. C. n’est pas stupide et sait bien qu’une prière n’est pas toujours acceptée.
Parfois, elle n’est pas acceptée du tout, par exemple si la personne qui prie porte un vêtement shaatnez ; parfois elle est acceptée mais, pour le bien de la personne, elle n’est pas réalisée ou est réalisée d’une façon cachée. Le Tout-Puissant règne sur Son monde, sur chaque détail, et mène les choses selon Sa sagesse insondable. Contre qui se met-il donc en colère?
C. se rend compte qu’il est en colère contre lui-même. Pourquoi a-t-il cru à ses rêves ? Pourquoi a-t-il pensé, avec une telle superficialité, que si son procédé avait marché une fois ou deux, il fonctionnerait aussi la troisième ? Il n’a pas de réponse à cette question.
Il se moque de lui-même, de son enfantillage. « Tu as donc pensé, comme un enfant, qu’un don marche tout seul ? Que D. en préserve ! Les dons n’ont pas une force suprême. Ils rapprochent les Juifs de leur Père céleste et les fait aimer de Lui.
Mais pourquoi t’es-tu senti si sûr de toi ? Où sont tes valeurs, tes principes ? Où est ton bon sens ?
Tu préférais diriger ta confiance en D. d’après les résultats que tu désirais, et tu as été jusqu’à penser que tu y croyais vraiment ! Si tu crois vraiment en D., laisse-Le diriger Son monde selon Sa volonté ! Qu’Il accepte ta requête ou qu’Il ne l’accepte pas… 
Qui es-tu pour comprendre Ses décisions ? »
Du mépris, C. passe à un sentiment de frustration.
« Si tu pensais vraiment que tu devais voyager en Classe Affaires pour garder tes forces, pourquoi as-tu acheté un billet charter ? Pourquoi as-tu été si avare ? Pourquoi ne pouvais-tu pas examiner la situation dans son ensemble? Tu n’es plus un enfant.
Tu diriges un héder et tu portes une lourde responsabilité… »
Après la frustration, une fatigue intérieure et physique s’abat sur lui, accompagnée de regret. Il aurait dû être plus intelligent... Ensuite, il s’apitoie sur lui-même. Douze heures de vol devant lui !
Pendant douze heures, de très nombreuses pensées ont le temps de le visiter. Il n’espère qu’une chose : que son trajet se termine vite.
Après l’atterrissage, lorsqu’il se lève et se dirige vers la sortie, il se trouve auprès d’un homme respectable à la barbe grisonnante. De cet homme bien mis émane une grande assurance, comme de tous les hommes riches auxquels il s’adresse lors de ses séjours à l’étranger.
« Vous êtes C., n’est-ce pas ? » lui demande-t-il avec un accent américain.
– Oui, c’est bien moi, répond-il, étonné. Il est certain qu’il ne connaît pas son compagnon de voyage.
– Mon petit-fils étudie dans votre héder, poursuit l’étranger alors qu’ils attendent l’ouverture de la porte. Cela fait six ans qu’il étudie dans votre établissement. Vous m’avez souvent envoyé des lettres pour me demander un don pour votre héder et je n’y ai jamais répondu. Savez-vous pourquoi ?
Non, C. ne le sait pas. Lorsque l’étranger a mentionné le nom de son petit-fils, il a su tout de suite de qui il s’agissait. Son grand-père, qui se trouvait devant lui, est un homme très riche. C. a chaque fois été déçu de ne pas avoir reçu de réponse aux lettres qu’il lui a envoyées. Si les riches grandspères refusent d’aider les héders de leurs petitsenfants, qui le fera ? Ensuite, il s’est habitué à ne pas mettre sa confiance en les hommes. La personne qui en a le mérite donne. Et ce n’est pas tout le monde qui a ce mérite.
« Je vais vous dire pourquoi, poursuit l’Américain.
Je ne fais pas de don à l’aveuglette. Je travaille dur pour gagner mon argent et, D. merci, je gagne bien. Mais le donner à des gens qui le gaspillent pour se faciliter la vie, je ne suis pas d’accord. On peut disputer ce point de vue, je le sais, mais c’est ainsi que je pense », s’empresse-t-il d’ajouter en voyant l’expression contrariée sur le visage de C.
« Lorsque vous vous êtes adressé à moi la première fois, je voulais vous faire un don. Après tout, mon petit-fils étudie chez vous. J’ai moi aussi une dette de reconnaissance envers votre établissement.
Je me suis un peu renseigné et on m’a dit que vous faisiez souvent des voyages à l’étranger, et en Classe Affaires. Cela ne m’a pas plu. Vous comprenez ? Je peux me permettre de voyager en Classe Affaires mais je ne le fais pas parce que je trouve que c’est du gâchis d’argent. Qu’un directeur de héder prenne mon don pour le gaspiller en achetant un billet d’avion si cher ? Non, je
ne suis pas d’accord avec cela. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais fait de don et n’ai même pas répondu à vos lettres. Mais à présent, j’ai vu qu’on m’avait mal renseigné. J’ai constaté que vous voyagez en Classe Touristes, comme moi. Cela fait six ans que mon petit-fils étudie dans votre héder.
Voici un don pour ces six années-là. »
Il sort un carnet de chèques de son attaché-case et griffonne quelques mots. Il détache soigneusement le chèque et le pose dans les mains de C., qui n’en revient pas.
« Notre petit-fils est très content chez vous. Merci beaucoup, et je vous souhaite beaucoup de réussite! »
Le grand-père disparaît sans attendre de remerciements. C. reste avec le chèque en main sans oser l’ouvrir.
Quel chiffre y figure ? 180 dollars, comme il convient à un riche homme d’affaires avare qui ne se permet pas un billet en Classe Affaires ? 1,800$, car après tout, il s’agit d’un don pour six ans ? 18,000 $, car c’est ce que C. espère qu’il y sera écrit ?
Lorsque le chèque est plié dans sa main, les espoirs peuvent s’élever sans limite. Dans un instant, il va l’ouvrir, et la bulle de savon va éclater.
C. se sent incapable de supporter la déception. Il sait qu’il fait des rêves mais il lui est difficile de s’en déconnecter.
Soudain, il reprend ses esprits, se gronde intérieurement et ouvre le papier replié.
60,000 dollars. Soixante mille dollars, pour six ans. 60,000 $.
Il faut une minute pour que son esprit enregistre le message.
Soixante mille dollars !!!
Et tout cela, il l’aurait perdu si son don à Koupat Ha’ir avait été « accepté » et s’il avait reçu un billet en Classe Affaires !
« J’ai fait un don et je n’ai pas vu la yéchoua… » Qu’en dites-vous ?