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B. s’apprête à se rendre au dispensaire pour faire administrer à son bébé le vaccin nécessaire. Oui, nécessaire, mais pas très plaisant. Comme toutes les mamans, son coeur se serre à chaque fois.

 

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B. s’apprête à se rendre au dispensaire pour faire administrer à son bébé le vaccin nécessaire. Oui, nécessaire, mais pas très plaisant. Comme toutes les mamans, son coeur se serre à chaque fois.
La piqûre n’est pas agréable mais après, il y a les réactions post-vaccinales et… elle aurait déjà voulu avoir dépassé cette épreuve.
« Tu ne penses pas qu’il est un peu pâle ? lui demande son mari.
Pâle ? s’étonne B. Non. Tu es peut-être un peu inquiet et tu as cette impression… Il n’a rien, il se sent très bien. Il n’y a aucune raison de ne pas le faire vacciner. »
A son retour du dispensaire, le bébé est encore plus pâle et peu de temps plus tard, il tombe malade d’une maladie enfantine. A présent, il y a vraiment de quoi s’inquiéter : vacciner un enfant malade ? C’est loin d’être conseillé. Avec un dévouement encore plus grand, B. reste au chevet de son enfant brûlant de fièvre. 
Après quelques jours, la fièvre n’est toujours pas tombée. Toutes les quatre heures, du Doliprane, parfois un médicament plus fort. Après des bains tièdes ou froids, le bébé continue à être fiévreux. Une semaine passe alors que le thermomètre dépasse
toujours les 40 degrés. L’enfant se sent mal, ses parents sont épuisés. B. se fait des reproches amers.
« Un vaccin à un enfant malade, dit le pédiatre en soupirant. Dans ce cas, la fièvre est presque inévitable. La vaccination n’est pas facile à passer, même sans cela. Attendons deux jours de plus. Si la fièvre n’est pas tombée, nous devrons prendre
des mesures bien moins agréables.
Bien moins agréables ? Que voulez-vous dire ? s’inquiète B.
Espérons que la fièvre tombe et que nous n’aurons rien besoin de faire » répond le médecin en choisissant ses mots.
B. rentre chez elle. Son inquiétude grandit de minute en minute et dessine dans son esprit des scénarios lugubres.
« Regarde, lui dit son mari qui comprend son angoisse. Faisons un don à Koupat Ha’ir. Peut-être que D. aura pitié et fera tomber la fièvre… » »
La fièvre tombe tout de suite, le jour même. Le médecin est satisfait. Deux semaines de forte fièvre se terminent. L’enfant retrouve sa bonne humeur ; il est un peu faible certes, mais en bonne santé.
« C’est dommage que nous n’ayons pas fait de don tout de suite, dit-elle en soupirant. Pourquoi avons nous laissé le bébé souffrir ? Quel dommage. »
Une année passe. B. s’apprête à quitter son domicile, avec son enfant plus jeune, cette fois.
« Regarde s’il t’a l’air en bonne santé, demande-telle à son mari pour la dixième fois. J’ai tellement peur. Je garde un traumatisme de l’année dernière.
Quel vaccin doit-il avoir aujourd’hui ?
Il doit en avoir deux. L’un, c’est contre la jaunisse. Il est généralement bénin et n’a pas de réaction ; s’il y en a, elles ne sont pas fortes et apparaissent entre le troisième et le cinquième jour. Le deuxième, c’est le fameux vaccin de l’année dernière contre la
rougeole, les oreillons et la rubéole. Les réactions commencent le cinquième jour et peuvent se poursuivre jusqu’au douzième jour, et elles sont fréquentes.
Il se souvenait bien des réactions, ils les avaient vécues pendant deux semaines l’année précédente.
Alors, nous allons faire un don cette fois aussi à Koupat Ha’ir pour que ce vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole passe facilement, sans réaction. Pourquoi attendre que la fièvre et la peur nous fassent courir chez le médecin ?
Faisons un don à l’avance, et voilà. »
Elle est contente de cette idée, bien sûr. Elle glisse des pièces dans la boite de tsédaka et prie que cette vaccination se passe facilement.
« Il vous semble en bonne santé ? demande B. à l’infirmière pour la troisième fois. Vous savez, mon enfant plus grand était malade lorsqu’il a eu ce vaccin et nous avons passé deux semaines de cauchemar. Il a l’air en parfaite santé. »
Les infirmières connaissent bien les mèrespoules.
Elle prépare rapidement le vaccin et injecte d’abord celui contre la jaunisse puis l’autre, celui qui fait peur à B. Le bébé pleure un peu, pas très fort.
L’infirmière explique : le premier vaccin n’aura certainement aucune conséquence mais il faut malgré tout voir dans deux jours si
tout va bien. Le deuxième vaccin peut provoquer de la fièvre, de la forte fièvre même, et il faut veiller à… B. n’écoute pas. Elle a fait un don à Koupat Ha’ir et cette foisci, il n’y a rien à craindre.
Deux jours passent. Le troisième matin commence par des hurlements : forte fièvre, pleurs, manque d’appétit. Elle se rend compte qu’il s’agit des réactions au premier vaccin. 
« Si c’est comme cela pour le vaccin facile, comment le bébé supportera-t-il le deuxième ? » pense-t-elle en tremblant.
Un jour ou deux passent ; la fièvre tombe.
« La première vague est passée, dit-elle à son mari, quelque peu soulagée. Cette fois-ci, nous n’avons pas eu le mérite que notre don améliore la situation. Tant pis, c’est comme ça. Il faut prier. Le don à Koupat Ha’ir fait partie d’un tout. J’ai peut-être
trop compté dessus.
En vérité, nous n’avons pas fait de don pour le vaccin facile, lui répond-il. Rappelle-toi. Nous pensions que le vaccin contre la jaunisse ne provoquerait aucune réaction. Nous avons fait un don en demandant que l’autre, le vaccin rougeoleoreillons-
rubéole, passe facilement.
Oui, c’est juste. Je m’en rappelle. Alors, attendons. »
Elle sent l’espoir monter en elle. Peut-être le mérite de ce don adoucira-t-il les réactions au vaccin pénible ?
Elle attend un jour, deux jours, une semaine. C’est comme s’il n’y avait jamais eu de vaccin.
« C’est drôle, dit le pédiatre. Les enfants sensibles qui réagissent mal au vaccin contre la jaunisse réagissent trois fois plus fort au deuxième vaccin. Comment se fait-il qu’il ait changé les règles du jeu ?
Un don peut changer la nature, répond-elle. C’est vraiment incroyable, mais c’est un fait. Il ne peut pas y avoir d’autre explication !»