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La famille D. de Bnei Brak se rend chez ses parents à Ramot, Jérusalem, pour le Chabbat Hagadol, le chabbat qui précède Pessah. Ils montent dans le bus n°402 avec leurs bagages...

La famille D. de Bnei Brak se rend chez ses parents à Ramot, Jérusalem, pour le Chabbat Hagadol, le chabbat qui précède Pessah. Ils montent dans le bus n°402 avec leurs bagages, descendent à la station « Sarei Israël » au coeur de Jérusalem et arrêtent un taxi pour les conduire au quartier excentré de Ramot.
Lorsque M. D. tire sa valise de la soute à bagages du bus, il reçoit un choc. Il se rend compte que la valise qu’il tient en main n’est pas la sienne. Elle est un peu plus large et plus basse. Quand les valises ont-elles été échangées ? En descendant du bus ? Ou peut-être à la station de Bnei Brak ? Qui sait où se promène leur valise à présent ? Chabbat va bientôt commencer. Ramot est loin. Que faire ?

« Suivez le bus 402, vite ! » ordonne M. au chauffeur de taxi. Le taxi file mais le bus a disparu. Impossible de le retrouver, à aucune des stations. Le compteur avance. Les enfants pleurent. La grand-mère qui téléphone sur leur portable s’étonne de leur retard. Dans le porte-bagages se trouve une valise qui ne leur appartient pas et leurs affaires, qui sait où elles se trouvent ?
« Je viens de nettoyer la valise pour Pessah, se lamente Mme D., et j’ai enlevé l’étiquette où étaient inscrits notre nom et notre adresse. Il n’y a aucun nom sur notre valise ».
Le taxi s’arrête à la Station Centrale des Autobus. Leur bus y était garé mais sa soute était vide. Le coeur lourd, ils n’ont pas d’autre choix que de poursuivre leur route vers Ramot. Mme D. fait le compte du prix du contenu de leur bagage : des chaussures de fête, des pantoufles, des habits de chabbat et de semaine, d’été et d’hiver… En cette période où le climat est changeant, elle avait tout emporté. Comment se débrouiller chez sa belle-mère sans vêtements de rechange pour les enfants ? Sans pyjamas ? Sans vêtements de chabbat, sans veste de chabbat ? Sans vêtements et sans couches pour le bébé ?
Arrivés à Ramot, ils ont ouvert la valise étrangère dans l’espoir de trouver un signe distinctif. Un biberon y était posé. Le bébé auquel il appartient est certainement en train d’hurler. Des vêtements de chabbat, des vêtements de travail.
Quelqu’un a semble - t - il l’intention de participer aux préparatifs de Pessah. Des téfilines sur la pochette desquelles sont brodées les initiales N. K. 
Aucun autre signe.
Ils cherchent davantage et voient une petite étiquette sur la pochette :Silberberg.
Le couple décide, dans un élan illogique stimulé par le découragement, de téléphoner à tous les Silberberg de Jérusalem. Et si les propriétaires de la valise se sont rendus chez la deuxième grand-mère, qui ne s’appelle pas Silberberg ? Et pourquoi les lettres N. K. sont elles brodées sur la pochette des téfilines ? Qui sait ?
Chabbat va bientôt commencer. Il n’y aura sûrement pas le temps d’apporter à Ramot, ce quartier éloigné, des objets se trouvant dans un autre quartier de la ville, à plus forte raison si la valise a été emportée à Beth Chémech ou à Achdod…
Mme D. s’installe près du téléphone et son mari annonce : « Je donne 200 chékels à Koupat Ha’ir si nous retrouvons notre valise ».
Soudain, entre un Silberberg et l’autre, leur portable sonne.
« Avez-vous perdu une valise dans le bus 402 ?
– Oui ! Comment le savez-vous ? Qui êtes-vous? Comment nous avez-vous trouvés ? »
Son interlocutrice explique que dans leur valise se trouvait un petit tube de crème antibiotique, sur lequel était collée l’étiquette
de la pharmacie portant leur nom, leur adresse, et leur numéro de portable…
« Où habitez-vous ? demande prudemment Mme D.
– A Ramot Polin. Et vous ?
– Ici, à Ramot !
– Nous pourrons nous rencontrer dans cinq minutes.
– Nous avons payé 200 chékels à Koupat Ha’ir pour ce miracle, dit Mme D. en riant, soulagée.
– Ah bon ? répond la voix. Nous aussi, nous avons de suite crié Koupat Ha’ir. Mais nous, cela nous a ‘coûté’ dix chékels seulement… »