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« Vous savez qu’il n’est pas certain que la brit-mila pourra avoir lieu à temps » dit l’infirmière en habillant le bébé avant sa sortie de la clinique. Rosa la regarde sans comprendre. « Le taux de bilirubine est élevé… Vous devrez revenir faire un examen de sang au bébé pour suivre l’évolution. Je pense que le chiffre de 14.00 aujourd’hui, trois jours après la naissance, n’est pas idéal ».

« Vous savez qu’il n’est pas certain que la brit-mila pourra avoir lieu à temps » dit l’infirmière en habillant le bébé avant sa sortie de la clinique. Rosa la regarde sans comprendre.

« Le taux de bilirubine est élevé… Vous devrez revenir faire un examen de sang au bébé pour suivre l’évolution. Je pense que le chiffre de 14.00 aujourd’hui, trois jours après la naissance, n’est pas idéal ».

Le bébé est déjà habillé des pieds à la tête.

« Votre bébé est magnifique, Madame » dit-elle en posant le beau nourrisson dans les bras de Rosa. Terminons donc de consulter les documents et vous pourrez rentrer chez vous.

  • Mais qu’est-ce que ce chiffre de bili… ? demande Rosa en se sentant stupide. Tous mes frères ont eu leur brit-mila à temps… Pourquoi faut-il un examen de sang supplémentaire ? »

Elle sait bien qu’il existe des cas où la brit-mila est repoussée. Mais son enfant à elle ? Pourquoi ?

« Parce que son taux de bilirubine est élevé. Il n’a pas de jaunisse pour l’instant, mais les résultats sont hauts. Il est possible qu’ils augment encore dans les jours qui viennent, et vous devrez alors attendre qu’ils baissent avant de faire la brit-mila. Ce n’est pas dangereux, mais on ne fait pas la mila dans ces conditions. 

  • Et on ne peut rien faire ? »

Rosa sait que son mari va bientôt arriver et qu’il aura certainement dix solutions. Mais elle veut être informée et entendre ce que l’infirmière a à lui proposer.

« Certains lavent les mains le matin au bébé, d’autres lui déposent beaucoup d’or sur le corps. L’or, dit-on, fait sortir la jaunisse. Ce que je sais, c’est très simple : on revient faire des examens de sang, on observe les taux, et on fait la brit-mila quand cela devient possible. »

L’infirmière appelle la dame qui attend son tour.

Rosa sort de la pièce avec son nouveau bébé, très troublée. Deux jours plus tard, le taux est monté à 16.00. La jaunisse progresse, sans aucun doute, et personne ne parle de brit-mila.

Rosa est très déçue. Quel dommage de repousser la mila ! Elle voudrait tant faire cette mitsva en son temps, dans la joie, pour son premier enfant. Pourquoi cet empêchement à présent ? Comme chaque accouchée qui s’inquiète facilement, cette brit-mila occupe toutes ses pensées.

« Et si nous faisions un don à Koupat Ha’ir ? demande-t-elle à son mari.

  • Pourquoi pas ? répond-il. Cela ne peut pas faire de mal, de toute façon. Et je suis certain que cela fera de l’effet. »

Ils font un don ensemble et prient que la brit-mila de leur nouveau-né ait lieu à temps, le huitième jour de sa naissance.

Le lendemain, ils doivent retourner faire un examen de sang. « S’il y a un miracle et que le taux baisse, nous serons contents d’être à 14.00 dans deux jours » leur avait dit l’infirmière deux jours plus tôt.

Rosa se prépare intérieurement à ne pas être déçue au cas où le résultat serait supérieur à 16.00. Elle espère pourtant voir une baisse importante, suffisante pour que la mila ait lieu à temps.

L’infirmière fait une prise de sang, le bébé se met à crier. Le cœur de Rosa se serre. La surprise se lit sur le visage de l’infirmière. Rosa se prépare au pire. Que se passe-t-il ? Une brusque hausse ? Une hospitalisation urgente ?

« Quatre ! annonce l’infirmière.

  • Quatre ? C’est une erreur ! De seize, le taux est passé à quatre ? Ce n’est pas possible ! »

L’infirmière vérifie à nouveau. « Quatre ! »

La brit-mila a lieu à temps, bien sûr. Dans son discours, le jeune père remercie le Créateur pour la naissance de ce bébé, et pour le mérite de pouvoir demander et être exaucé par l’intermédiaire de Koupat Ha’ir…