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A leur sortie du téléphérique hier, Rivka a remarqué que son appareil photo avait disparu. Elle a demandé à retourner le chercher dans la cabine, mais ne l’a pas trouvé. Son appareil-photo est donc tombé tout en bas pendant leur parcours en téléphérique et s’est probablement brisé en morceaux. Et s’il est tombé auparavant, lors de leur promenade dans les sentiers, les autres promeneurs l’auront certainement pris. Quelle chance a-t-elle de le retrouver ?

« Je n’ai aucune envie d’y retourner » dit tristement Rivka.

Son mari comprend bien pourquoi. Leur sortie d’hier était tellement belle. Ils ont en tout et pour tout une semaine de séjour en Suisse chez leurs grands-parents, qui ont invité tous leurs petits-enfants mariés pour un grand « siyoum » à l’occasion des soixante-dix ans du grand-père. Un voyage émouvant, un siyoum encore plus émouvant, et de belles promenades qui ont ajouté une activité agréable à leur séjour.

Hier, ils se sont rendus dans les montagnes. Le trajet était superbe, la beauté du paysage à couper le souffle. Pour la première fois de leur vie, ils sont montés dans un téléphérique en appréciant chaque seconde du parcours. Rivka n’avait aucune raison de rechigner à refaire cette sortie, si ce n’était son appareil photo…

A leur sortie du téléphérique hier, Rivka a remarqué que son appareil photo avait disparu. Elle a demandé à retourner le chercher dans la cabine, mais ne l’a pas trouvé. Son appareil-photo est donc tombé tout en bas pendant leur parcours en téléphérique et s’est probablement brisé en morceaux. Et s’il est tombé auparavant, lors de leur promenade dans les sentiers, les autres promeneurs l’auront certainement pris. Quelle chance a-t-elle de le retrouver ?

« Faisons un don à Koupat Ha’ir » dit Chemouel en voyant sa tristesse. Rivka reprend quelque espoir, bien qu’ils rentrent chez leurs grands-parents les mains vides.

« Nous n’avons même pas de photos du siyoum, se lamente Rivka dans la soirée.

  • Ne t’inquiète pas, lui dit-il. Nous pourrons les copier de l’appareil de mes cousins, car plusieurs ont pris des photos. »

Il sait très bien que ce ne sont pas ces photos qui posent problème à sa femme.

Le lendemain matin, l’un de leurs cousins leur demande de l’accompagner à la promenade qu’ils ont faite la veille. Il voulait voir ce qui avait tellement enthousiasmé ses cousins. Ils ont accepté, bien que le cœur de Rivka n’y fût pas.

Devant ces paysages magnifiques, Rivka ressent l’absence de son appareil photo dans sa main. Il vaut cher, car il était de très bonne qualité ; ils avaient attendu longtemps pour pouvoir se l’offrir. Ils ne pourront pas le remplacer de si tôt.

La voiture grimpe sur les sentiers. Les hommes s’émerveillent des paysages tandis que la femme de son cousin essaie de nouer une conversation avec Rivka, qui ne pense qu’à son appareil photo perdu. Ils descendent à la station, se promènent sur les chemins, montent sur le téléphérique. Les yeux de Rivka observent l’abime. Même si elle trouvait son appareil photo, pourrait-elle le ramasser ? Malgré l’illogisme, Rivka plisse les yeux pour scruter au loin.

Leur promenade s’achève. Ils sont en train de quitter les lieux quand l’un des employés s’approche d’eux.

« Vous êtes venus hier, n’est-ce pas ? leur demande-t-il.

Chemouel le regarde, étonné.

« Vous avez perdu un appareil photo, non ? » poursuit l’employé.

Quatre visages se tournent vers lui. Il leur demande d’attendre un instant et court à l’intérieur du bâtiment. Il revient bientôt, l’appareil photo dans sa main…

Rivka n’en croit pas ses yeux. Ses accompagnateurs sont tout aussi ébahis qu’elle.

Sur le chemin de retour, ils ne cessent d’énumérer les miracles qui se sont produits. Ils sont revenus sur place le lendemain. Qui aurait pu s’y attendre ? Généralement, les gens ne reviennent pas exactement sur le même parcours. A part cela, l’appareil photo ne s’est pas cassé dans sa chute, les employés l’ont trouvé – allez savoir dans quel creux de rocher – et ils ont même pensé à le rendre. Tous ces incidents peu probables se sont enchainés de façon tout à fait prodigieuse.

« Vous avez certainement fait un don à Koupat Ha’ir, n’est-ce pas ? Dites-nous la vérité ! » s’exclame soudain leur cousin.

Rivka et son mari l’avaient déjà oublié, mais c’est vrai, ils ont fait un don à Koupat Ha’ir.

Sinon, franchement, comment une histoire pareille aurait-elle pu arriver ?